Les quelques professionnels et bénévoles qui se sont réunis en 1969 étaient probablement loin de se douter que l’association qu’ils mettaient sur pieds compterait plus de 1500 adhérents 50 ans plus tard et qu’autant de chemin aurait été parcouru à la mise en place d’une association devenue essentielle pour les retraités rennais.

L’OPAR, à travers la détermination, les espoirs et les valeurs de ses bâtisseuses et de ses bâtisseurs, a contribué, d’une manière importante, au développement des initiatives en faveur des personnes retraitées et âgées aux quatre coins de la ville et ceci depuis 1969. C’est donc avec fierté que nous faisons un petit clin d’œil à quelques personnalités parmi d’autres, histoire de revisiter une époque effervescente aux plans social et culturel, marquante et porteuse de grands projets pour les retraités tout au long de ces 50 ans.

Les balbutiements

A l’origine, confortée par l’expérience de Grenoble, soutenue par Dominique Seigneur, Directeur du bureau d’aide sociale et Jean Verpraet, Directeur de l’office socio-culturel, Renée Prévert, Elue au Conseil Municipal de Rennes, a très vite compris que le rapprochement « solitude » et « animation » pouvait rendre le quotidien des personnes âgées plus agréable et convivial. C’est sous son impulsion que l’OPAR est né officiellement le 12 juin 1969. Denise Jondet, âgée de 45 ans à l’époque est devenue une jeune bénévole indispensable. Avec le soutien d’un mouvement de femmes (UFCS, Union Féminine Civique et Sociale) qu’elle surnomme joliment « les femmes sans complexes », elles ont créé un des premiers clubs de l’OPAR : le club Alain Gerbault. Avec beaucoup d’enthousiasme, d’énergie, elles ont « retroussé leurs manches ». Porteuses de grands idéaux, elles n’ont pas chômé pour convaincre les femmes âgées de venir au club. Après avoir réuni une dizaine de personnes, les dés étaient jetés ! Elles ont organisé des rencontres hebdomadaires, les femmes discutaient, c’était l’occasion de raconter l’histoire de leur vie, on leur offrait un goûter… Les après-midi étaient passionnants pour ces femmes de condition modeste.

Au commencement, une pionnière

Isabelle Tariel, Secrétaire Générale de l’OPAR, s’est vu confiée des missions d’animation dans les foyers logements et dans les clubs. L’objectif principal était de « sortir les gens âgés de chez eux » car ils étaient « coupés » de l’extérieur. Il a fallu toute sa conviction de pionnière et sa qualité professionnelle pour explorer le désir des retraités et développer leurs centres d’intérêts pour la vie sociale et culturelle. Les débuts ont été laborieux mais avec avec l’appui des quartiers, des travailleurs sociaux, tout s’accélère… On assiste à un développement des clubs dans les quartiers où les personnes âgées « s’épanouissent ». C’est ensuite la création des clubs d’affinités : vélo, gymnastique, la création de l’Université du troisième âge. A partir de là, c’est l’effervescence : des locaux pour le siège boulevard de Chezy puis boulevard saint Jean Baptiste de la Salle. Par ailleurs, l’équipe professionnelle est renforcée, l’OPAR prend de l’ampleur. Les clubs et le siège organisent leur vie associative. Les retraités bénévoles sont dynamiques, le siège aide et coordonne leurs demandes, leurs propositions : « On a bien travaillé ensemble ». Par cette démarche participative, Isabelle Tariel, a contribué à l’insertion et au maintien des personnes âgées dans le réseau social et culturel rennais.

La maturité

L’apparition du PAP 15 (Programme d’Action Prioritaire) en 1977 a donné son rythme de croisière à l’association qui joue alors pleinement son rôle de rassemblement. Noël Eliot, élu municipal chargé des affaires sociales à l’époque, décrit les clubs comme des lieux de discussion, de réflexion qui conduisent peu à peu les intéressés à se pencher sur les moyens à mettre en place pour « assouplir » leur vieillesse. La génération des retraités « s’est étirée » ; les plus jeunes doivent cohabiter avec les plus anciens. C’est l’époque du développement des établissements pour personnes âgées et des services à domicile. L’OPAR participe à cette émergence d’une retraite à plusieurs générations. les actions de solidarité se multiplient : en 1982, les vacances à la journée. En 1990, le club grand âge et vie officialise l’animation dans les foyers logements du CCAS. En 1994, une charte signée entre l’inspection académique, l’OPAR, et le CCAS formalise et pérennise cette nouvelle façon d’exister entre les générations.

Une nouvelle ère

Le 22 février 1971, l’office des personnes âgées devient l’office des personnes retraitées. Tout fonctionne désormais pour que les retraités de l’OPAR trouvent leur expression dans la ville. Les années suivantes seront centrées sur la place complexe que les retraités occupent sur le terrain de la vie sociale et économique. Jean Farard, Président à partir de 1983, a participé à cette « prise de conscience » et a vu « grandir » l’OPAR dans les instances locales et nationales. Cette volonté de servir, de négocier, de devoir aider lui ont permis d’accompagner ces grands projets. Au terme d’un fructueux mandat de 17 ans, il passe le relais à Jean Louvel. Son mandat se fera dans la continuité des changements précédents. Les statuts se rénovent, les responsabilités associatives partagées entre bénévoles et professionnels s’affinent. Les missions en direction des personnes âgées isolées font l’objet d’un développement et de décisions très concrètes. Au cours de son histoire l’OPAR a toujours pu compter sur des personnes enthousiastes et dynamiques qui lui ont permis de grandir à travers les projets, les remises en questions et bien sûr les succès.  L’OPAR n’a eu de cesse d’avoir à cœur l’intérêt de ses adhérents. Alain Brillant, Président jusqu’en 2010, a œuvré pour que l’OPAR puisse se développer et s’adapter aux évolutions des modes et conditions de vie des retraités. En 2007, l’OPAR déménage au 62 rue de Dinan dans des locaux adaptés et bien plus spacieux afin de pouvoir proposer toujours plus d’activités en direction de tous. En 2008, l’OPAR change de nom et devient l’Observatoire et Pôle d’Animation des Retraités Rennais, répondant ainsi plus naturellement à ses missions et actions.

Aujourd’hui, en 2019, l’OPAR a réussi son évolution. L’association s’est structurée et propose des loisirs et activités pour tous, des actions de prévention santé-bien-être reconnues par les instances et elle lutte activement contre l’isolement social en adhérant à l’association MONALISA (Mobilisation Nationale contre l’isolement des âgés). L’OPAR dispose d’outils de communication adaptés à son public, jeunes retraités et moins jeunes, afin que tous disposent de la bonne information au bon moment de leur vie.